Peinture
RAL, NCS, Pantone : existe-t-il vraiment des équivalences ?
Par la rédaction du Hangar du Bricolage · mis à jour le 29 octobre 2026 · 5 min de lecture
Un Pantone sur la charte graphique, une référence NCS dans le cahier des charges, et un fournisseur qui ne parle que RAL. Les tables d'équivalence en ligne promettent la conversion en un clic. Elles promettent trop.
Trois nuanciers, trois métiers
Le RAL Classic, ce sont 215 teintes de référence pour l'industrie et le bâtiment. Peu de couleurs, mais disponibles partout, en peinture liquide comme en poudre de thermolaquage (le code RAL expliqué).
Le NCS, pour Natural Color System, est suédois et part de la perception. Un code comme S 1050-Y90R se lit ainsi : 10 % de noir, 50 % d'intensité, un jaune tirant à 90 % vers le rouge. Près de 2 000 teintes standard, très utilisées par les architectes et les fabricants de peinture décorative.
Pantone, enfin, vient de l'imprimerie et du graphisme. Ses références sont des encres, pas des peintures.
Pourquoi l'équivalence exacte est rare
D'abord, une question de nombre : 215 teintes d'un côté, plusieurs milliers de l'autre. La plupart des Pantone et des NCS n'ont tout simplement pas de jumeau RAL, et la table vous donne la teinte « la moins éloignée », qui peut être franchement différente.
Ensuite, ces tables sont en général construites en convertissant chaque teinte en valeurs écran, puis en cherchant la plus proche. On compare deux approximations. Et une encre sur papier couché ne renvoie pas la lumière comme une laque sur du métal : à code « identique », la brillance et le support suffisent à créer un écart visible.
Mesurer l'écart soi-même : notre outil teinte RAL la plus proche indique la couleur du RAL Classic la plus voisine d'un code HEX et chiffre l'écart (ΔE 2000). Au-delà de 3 ou 4, ce ne sera pas la même teinte.
Faire reproduire une couleur sans mauvaise surprise
Partez toujours d'un échantillon physique : un nuancier officiel, une plaquette, un morceau de l'objet à imiter. Pas d'un écran, pas d'une impression de bureau. Si aucune référence RAL ne convient, demandez une mise à la teinte : en magasin ou chez un fabricant équipé, un spectrocolorimètre lit l'échantillon et calcule une formule de peinture. C'est la méthode la plus fiable.
Si le fournisseur impose un RAL, ce qui est courant en thermolaquage puisqu'il travaille avec des poudres référencées, comparez sur place son échantillon à votre référence, à la lumière du jour. Et notez la formule et le lot, pour pouvoir recommander la même chose dans cinq ans.
Pour un local ou un véhicule aux couleurs d'une marque, posez la question au service communication : beaucoup de chartes ont déjà une référence RAL ou NCS validée après essais.